et encore des questions

William a douze ans. Maintenant, c’est « un grand ».

Thomas, son père, l’accompagne dans une grandiose exposition numérique.

Tous deux s’engouffrent sous une membrane souple : un tunnel à taille humaine, puissamment immergé dans l’image et le son.

L’accueil qui leur est fait est de nature à les subjuguer : ils pénètrent dans un véritable « corps cosmique », vibratoire et pulsatif. Ils y entrent par la voie royale : par une mer primordiale, tumultueuse et lumineuse. Ils évoluent dedans, comme protégés dans sa masse, emportés par son flux. Incapables d’envisager la nature « réaliste » de leur environnement, ils plongent littéralement dans la matière de ce fondement liquide.

En lui, le garçon retient tant de questions… A poser à son père ou à « il ne sait qui ». Thomas sera présent ; mais discret et retiré des dialogues qui uniront William aux différents habitants « des stations » par lesquelles ils passeront. William se montrera si sensible et intelligent ! Il saura s’adapter à chacun de ses interlocuteurs de manière « naïve », spontanée, et néanmoins avisée, profonde. William est un philosophe en herbe… car, sur le chemin, tout commence par « les bonnes questions » que l’on sait se poser. Il écoutera les réponses, parfois surprenantes, toujours à la fois pertinentes, précises, et globales, panoramiques. Peut-être un peu « TAO » ?… au sens où la dynamique des équilibres se jouera de tous les points-de-vue, et sans doute aussi de bien des paradoxes. Radicalement, tendrement, William se projettera dans le voyage — telle une petite graine, en cours de développement dans l’antre de la Mère-Terre, telle une fragile créature, en instance de dévoilement… dans le tourment de l’altérité ou dans le spirituel de la verticalité.

Ainsi, tout ouïe, lucide et clairvoyant, William s’amusera à s’imaginer dans différentes postures, à différents moments… de sa (pré)conception, de sa vie et de sa mort. Il ne cherchera pas à retenir « ce qui n’est pas ». Il semblera d’emblée assumer les thèses les plus avancées du « soi sans soi », dans une fluidité de l’imaginaire incarné aux frontières du réel. Le mouvement constant — là où tout surgit et où tout disparaît — sera sa mer ; et son embarcation, légère et nue, en phase avec « tout ce qui est », se révèlera résistante à toute épreuve !

Semant régulièrement son père — tant sur le plan physique que psychique ou intuitif —, William, toujours curieux, parcourra « des mondes - archétypes », chacun introduit par « un hôte » : des sortes de personnages mythologiques avec lesquels il entamera de franches conversations. Se déploieront ainsi successivement :
  • l’énergie « bouddha » (blanche) avec le tao (un au-delà des concepts / une sagesse transgressive) ;
  • l’énergie violette avec le patriarche (un juge équanime / une balance cosmique) ;
  • l’énergie « vajra » (bleue) avec l’ange (une présence magnétique, toute en grâce / une veilleuse inspirée) ;
  • l’énergie « padma » (rouge) avec la cellule (une « petite chose » protégée dans la matrice / une voix crépitante) ;
  • l’égo / les chakras racine, sacré et solaire, avec le génie (un animal, très vif / une dérégulation réactive) ;
  • l’entre-soi / le chakra du coeur, avec le coeur (translucide / la « voie moyenne » des synchronies) ;
  • l’altérité / les chakras de la gorge, du 3è œil et de la couronne, avec le miroir (réfléchissant et déformant / un vertige ascensionnel) ;
  • l’énergie « karma » (verte) avec le baobab (un arbre racineux, terreux / une mémoire ancestrale) ;
  • l’énergie « ratna » (jaune) avec le bouddha (un homme « accompli » / un équilibre au ralenti).
William franchira aussi les « cinq portes » (celle des anges, celle relationnelle, celle intime, celle du temps cosmique et celle de la reliance) — lesquelles séparent, deux à deux, ces lumineuses énergies colorées. Quelque chose, alors, de l’ordre d’une simulation de l’expérience en lui fera jour, et lui apprendra, sur le mode de l’initiation et de la confidence, la trajectoire des âmes individuelles et collectives — en (primo)genèse, en éducation, en confrontation, en épreuve, en fortification, en lâcher-prise, en révélation, en accomplissement, en retour, en amour,…

Outre les dialogues directs entre William et « les hôtes » des stations, tour à tour concernées, plusieurs interlocuteurs successifs s’adresseront à lui, afin, chacun, de raconter l’histoire à sa manière : « les guides - narrateurs ». Outre la question (synthétique), il y aura : le neurone (savant), la boucle (phénoménologique), le livre (alchimique), l’oeil (hypnotique) et la plume (poétique).

Autant de points de vue, parallèles et transversaux, sur des états transitoires en constante (dé/re)-formation. Une tectonique de la Matière animée ; une cartographie de l’Information en exil et en formulation « dedans ». La narration d’un mariage à l’échelle cosmique, et au coeur du phénomène que « nous sommes » : celui de l’incarnation.

Au fil de la découverte des « stations » et via le passage des « portes », le duo vivra ce voyage initiatique en trois grandes phases oniriques successives :
  1. La naissance individuelle — le processus de la formation de soi ;
  2. L’être humain — l’en-cours de la vie altérisée ;
  3. La communion inter-individuelle — de l’ascension universelle à la mort solitaire ;
Afin de construire le sens symbolique de son existence, et du haut de son jeune âge, William osera-t-il appréhender ce qu’il a déjà parcouru de temps et ce qui l’attend encore d’exaltation et de difficulté ? Découvrira-t-il le point auquel « ces échanges » — dans ces environnements naturels et avec ces interlocuteurs privilégiés —, seront véritablement fondateurs pour son équilibre d’homme futur ?…