3 • l'ange
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སྔོན་པོ། vajra • bleu
l’ange
L’ANGE
Quelles sont mes énergies subtiles ?
Comment puis-je « me protéger » ?
Les deux compagnons poursuivent leur parcours en changeant de station. Ils se sentent désormais enveloppés par un vent virevoltant puissant, et néanmoins léger, frais, doux et caressant. Un souffle profond qui vient leur susurrer son râle de sable ou leur exalter son allégresse d’âme. A ce moment-là, William et son père se trouvent saisis par « la danse » — séduits par la grâce de ses trajectoires, emportés par le délice de ses mouvements !…
L ’Enfant :— Un Ange, c’est quoi ?
L ’Ange :
— C’est quelqu’un qui ne se regarde pas. Comme une énergie facilement dépersonnalisée. Une lumière jamais par elle-même éblouie… et qui voyage à la vitesse du silence. Je glisse sans parvenir parfaitement à me former. Tu me permets d’exister.
— Comment je fais cela ?
— Tu me polarises. Ton individualité d’humain me singularise, et densifie ma constitution, sinon juste éthérée. Ma puissance, puisée au plus près de la Source, je peux te la donner. Puisque nous sommes liés. Il te suffit de demander. Dans la vie, je peux te faciliter le chemin… si tes valeurs correspondent aux directions de mes Forces… si tu t’abandonnes sans résistance à ce qui délie ton attachement crispé au matériel. Pour toi, c’est une prise de risque, autant qu’une certitude : celle de gracieusement « servir » et d’ultimement revenir à l’Amour premier. Là où « Tu » es aimé.
— Je suis aimé ?
— Ton avènement à la Vie est d’Amour. Toi-même, tu es « plein Amour ». Et l’Amour à toi sans cesse se rappelle : aussitôt que tu rencontres « l’autre de ta vie », celui avec lequel « la relation » elle-même s’ascensionne jusqu’à venir à moi, jusqu’à exprimer le Nouveau en toi. Quand elles sont amoureuses, les réalités interpersonnelles sont celles qui permettent de se rejoindre, soi, au plus profond du mystère qui fait toucher « le quoi » de la Création. L’intersubjectivité est ce qui te fait appréhender le « corps du monde », en ce qu’en toi, il déploie de résonances intérieures fondamentales. Alors seulement, tu intègres ce qui est pourtant « déjà toi » et que tu deviens pleinement, de cet unique fait là. L’Altérité, c’est l’amplitude de ton axe horizontal, qui te fait aussi te développer, à la verticale, depuis ton ancrage et ton centrage individuels et premiers. Ton esprit — ton accès aux concepts et aux abstractions, ainsi que ton ouverture à l’invisible, par delà —, participent de cette mécanique sacrée. Et, si tu le voulais… si tu t’écoutais, peut-être alors pourrais-tu même demeurer en perpétuelle jouissance, juste bloqué dans un éblouissement ultime et permanent… dangereusement susceptible de muter en dépendance, voire même en addiction ! Cet état second — aveugle —, au départ seulement « névrotique », pourrait même s’emballer et te conduire au paroxysme de son point de bascule devenu, lui, « psychotique » ! — celui des pathologies psychiques, dont la schizophrénie fait partie. Si la déconnexion de ton esprit — sur-incarné dans ton corps sentient, mais non-relié à l’environnement réel —, est bien le terreau « du mal » en question, tu peux peut-être trouver l’antidote dans les pratiques « yogiques » — curatives, mais également préventives. Car, en plus d’unifier, de réguler et d’harmoniser ton noyau énergétique purement psycho-physique, celles-ci agissent sur des plans plus subtils — ceux de tes différents « corps » : les multiples dimensions de l’entité-Homme que tu es, en ton entier, dès lors que je me trouve en toi « incorporé ».
— Je ne me connaissais pas si complexe et si dangereux pour moi-même, l’Ange !
— Prends garde à tes jouissances, jeune enfant ! Telle une boussole, certes elles te guideront… jusqu’à Moi peut-être — en tous cas, vers le Beau, vers le Vrai, vers le Pur —, mais leur systématisme pourrait aussi bien t’éconduire dans le trop de sensations, d’émotions et de sentiments, et, par conséquent, dans le simple « non-sens » : la frustration, l’outrance et la fabrication ; la souffrance, la paranoïa et l’enfermement.
L’Enfant reste troublé par « ce sermon » de l’Ange — lui qui ne se représente les choses que de manière impressionniste ! Tant de pièces à son puzzle lui faisant encore défaut…
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Vous êtes “clarté” — tel un miroir qui réfléchit les choses exactement telles qu'elles sont, sans biais, ni préjugé. Vous voyez très large et dans les détails. Vous pouvez être attentif à des choses très précises et très particulières. Vous aimez un monde en ordre ; vous détestez le chaos et la confusion. Vous avez le sens des frontières, des limites, des règles, de la régulation. Votre émotion peut être froide et réservée.
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Sorti de l’éther violet, vous apparaît un paysage—comme un château au sommet d’une très haute montagne de glace. Vous êtes dans Vajra ! Et subitement, vous voyez des formes... là, devant vous... même pas floues ! plutôt bien nettes et identifiables déjà.
Vous ne ressentez encore aucun “corps chaud” en vous. Vous vous sentez encore “libre” de votre base, même si vous l’espérez ; vous vous sentez encore chaotique et haletant, parce que géométriquement figé, qui plus est, dans la rapidité et la répétition. Vous vous sentez potentiellement tranchant, et même foudroyant. Votre lame peut blesser — dans le blanc des chairs, ou dans le rouge sanguinolent. Ici vous pouvez séparer et découper les masses dans leur masse. Mais vous êtes dans l’absence de présence — sans terrain d’évolution, sans consistance “grave” et pérenne. Vous accélérez, vous vous brisez et vous morcelez.
Alors, vous entrez dans le château. Il est gigantesque — aussi impressionnant qu’un glacier aux flancs surplombants. Vous savez qu’ici un certain “sacre” de vous-même va vous “relier”, et, en l’amour, faire fondre le froid qui vous mord... pour le rendre tièdement caressant. Peut-être allez-vous pouvoir tendrement “pénétrer”, vous enfoncer et vous incorporer ?
Un chevalier dans le château alors vous honore : son sabre posé sur votre épaule vous synchronise en même temps qu’il vous “attendrit” — dans des vibrations supra-harmonisées, méga-amplifiées. Sous cette impulsion de (pro)création, dans un espace-temps “nouveau”, vous devenez pleinement “l’enfant”. Votre Ciel en imprégnation fait l’expérience de la “formation”.
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