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དམར་པོ། padma • rouge

la vie

LA CELLULE

En moi, c’est quoi « la Vie » ?


Le fils et le père s’enfoncent plus avant dans le dispositif multimédia. Ils pénètrent désormais dans une zone rouge, plus chaude, assourdie, et comme « noyée » : ils se retrouvent donc « sous l’eau », en régression. Leur immersion pourtant n’est pas oppressante ; au contraire, c’est très audiblement qu’ici ils perçoivent le grouillement fou de « la vie » — en son essence originaire, en sa tonalité primordiale. Dans l’infiniment petit, tout crépite et se dit. Le rythme intrinsèque aux organismes présents est vif et rapide ; tandis que l’environnement liquide, lui, se fait plus écrasant dans la profondeur du fond.



L a Cellule :


— La Vie… en minuscule, c’est moi !

L ’Enfant :


— Et qu’est-ce qui fait que tu es toi ?

— Tant de petites choses, de subtils principes ! Par exemple, je peux me reproduire selon un réseau structurel identique, mais avec des composants chaque fois renouvelés. Ainsi, facilement je me pérennise, et survis à mes propres petites morts.

— Et comme cela, sans fin ?

— Non, en moi, la matière aussi s’épuise, se dégrade et se désynchronise. Mais jusqu’au bout du possible de moi, je relationne… en interne, au sein de moi-même, et en externe, au sein des échanges avec mon environnement connexe. Avec lui, j’enacte. Je ne fonctionne qu’avec Vajra : qu’avec l’Ange (le Soi) et le Miroir (l’altérité). Même si je suis autonome, je ne me suffis pas. Pour m’expanser dans le monde, je recours à l’autre — complément de moi, dans sa différence de constitution et d’expérience. Pour me développer dans ma virtualité, je recours aussi à lui — car l’autre puise dans mes ressources afin que je les découvre moi-même et que je les pousse jusqu’à leur paroxysme !

— Tu grandis alors ?

— Oui… ou plutôt, je m’associe… à d’autres cellules. Nous formons des ensembles qui eux-mêmes sont autonomes et énactent… Et ainsi de suite. Et plus la complexité de notre formulation organique augmente, plus le sentiment de nous-mêmes advient. C’est corollaire. Plus l’Ange, en nous, peut s’exprimer. Tu vois, celui qui, à l’échelle humaine, te protège… permet, au plus profond de toi, notre synchronisation dynamique (celle qui maintient nos constituants, et celle qui échange avec notre environnement), à la manière d’une grande symphonie musicale ! Ainsi, je te fais naître… Ainsi, viens-tu de moi.

— Ainsi es-tu « ma mère » ?…

— Je suis « le yin » en toi, oui : ta part féminine, ton enveloppe maternelle — ce que tu es : la Vie. Par moi, tu peux te développer, t’exprimer, t’épanouir selon ton Ange… ou bien te corrompre selon « la boucle somatique », rétro-active. La névrose principale de la Vie est la régression — laquelle, poussée à l’extrême, peut toucher la pulsion de puissance morbide : celle, en soi, s’exprimant dans le dysfonctionnement des maladies physiologiques ; celle, en soi, désinhibant « le Mal » avéré du crime que l’on commet, quand on en subit le vertige hypnotique. L’antidote n’est que l’Amour… jusqu’à la plus profonde des synchronisation cellulaire — dans la filiation inconditionnelle, le lien de sang et la transmission. Dès lors que l’on se rallie aux principes fondamentaux de la Vie : l’ancrage, l’autonomie, la dynamique, l’harmonie, la vibration, la réceptivité et le don.

— Je suis la Vie. Et je peux « faire mal » en la maltraitant… sans m’en rendre compte ?

— Oui, sans t’en rendre compte. Cependant, les symptômes t’alerteront. Avec les aléas de ton acuité émotionnelle, ils seront les précurseurs de ta conscience sur l’en-cours des situations que tu génères ou que tu subis. Et ils te permettront de viser la guérison… physique et karmique. Car ce qui s’exprime de « mauvais » dans ton corps, je le répète, est avant tout ce qui heurte la résolution de ton Karma : en somme, « ce que tu ne comprends pas » ; ce que tu n’es pas encore parvenu à voir et à résorber par la pénétration sensible, par la problématisation intellectuelle ou par la présence attentive.

— Tu parles de « ce avec quoi je suis né », et que j’ai oublié ?

— Exactement William !… Je parle de tous ces niveaux subtils, égarés dans les oubliettes de ton âme, et qui s’acharnent, en toi, à s’exprimer dans les interstices de mon intime constitution. Je dialogue avec eux. Leur santé, plus ou moins brillante, m’informe sur l’état de ton alignement à la Source qui m’alimente. Si tu en es coupé, j’en suis coupée… je pathologise et je meurs. J’ai besoin de la fluidité du Haut !… Il te faut me la donner…

— … Il me faut « méditer ».

— Tu as tout compris !… Je t’embrasse « petit homme » !…

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L’essence du rouge en vous est la discrimination — au sens d’un “discernement”, basé sur la passion. Vous avez le sens de la proximité avec les choses et les gens. Votre sensibilité est intuitive, discriminante, basée sur votre ressenti et sur votre expérience. Vous formulez le voeu que le monde vous soit proche, intime, empli de plaisirs et de sentiments. Vous vous aimez vous-même ; vous êtes aimés des autres. Vous êtes charismatique et magnétique. Vous aimez créer des situations agréables et justes. Vous ne tuez pas la passion en voulant la posséder. Vous cultivez un désir ardent : il vous adoucit et fait de vous un être authentique.

•••

Vous avez passé le cap de la vie : vous êtes conçu(e). Vous vous retrouvez alors dans une grotte… volcanique, livrant toute sa lave dans un océan primitif. Vous entrez dans le mouvement ; vous vous constituez organiquement. Vous explorez votre grotte de roche en fusion cette fois depuis votre particule de conscience “ego-Soi”. Vous y circulez ni tout-à-fait serré, ni tout-à-fait à l’aise, dans la 1ère condensation du “sentiment de vous-même”. Vous êtes doté d’un noyau — dont vous émergez physiologiquement, et d’une membrane périphérique, d’une “peau”, qui vous singularise cette fois de manière bien délimitée.

Vous progressez. La grotte de lave, au coeur du volcan, vous ménage la surprise d’une grande salle dotée d’un puits de lumière à ciel ouvert. A pic du puits, face à vous, un petit lac d’eau tiède ou chaude. Vous vous installez au bord de ce lac. Il peut y avoir un peu de brume autour de vous, mais elle ne vous étouffe pas. Le lieu, avec sa vapeur d’eau, vous fait même peut-être un peu l’impression d’un hammam naturel. Vous êtes tranquille — avec vous-même, au coeur de votre intériorité. Au centre de l’étendue d’eau, un petit geyser de source — tout doux, tout calme… constant, régulier — à la manière d’une fontaine, dont vous entendez le son. L’atmosphère autour de vous dégage beaucoup de tendresse…

Alors vous avez le courage ! Alors votre Padma se (re)lève, se soulève, s’érige en vous… vers l’avènement du jour — et pas vers la régression de nuit. Padma en vous quitte son confort larvé, illusoirement chaud, douillet, fermé, protégé, pour en gagner un “plus holistiquement équilibré”. Vous ne fonctionnez plus pour longtemps dans le repli, l’étouffement, la sécurité, le figement ou l’engourdissement.

Vous continuez de vous (trans)former pour accueillir “la forme” — toutes les formes : celles de votre Ange, de votre propre moitié (pas encore celles de l’altérité) ; toutes les formes qui “co-naissent” du plus profond de leur inconscience à “manifester”. L’élan de la manifestation est “dedans”, encore inconscient. En complément de Vajra, Padma en vous peut enfin “soutenir” et à l’air libre, s’offrir.

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